Le visage et la société du spectacle

 

La plupart des personnes emploient l’expression “C’est MON visage” ou encore “ J’AI un visage “ . Dès lors, l’idée que notre visage est un bien dont je serais le propriétaire semble implicite mais effective. Il serait un objet perçu. Donc on peut dire que le visage peut être considéré comme un bien et même  un masque, une façade, un faire valoir.
La société du spectacle(1) est un livre de Guy Debord anticipe nos relations intersubjectives « post révolution industrielle ».

Il prévoyait dans les années 60 que l’on ne communiquerait plus mais que l’on se donnerait en spectacle aux autres. Il imaginait que la télévision serait le moyen de communication dominant. Mais il s’avère que son modèle s’applique plutôt bien au modèle des réseaux sociaux et des smartphones. On peut dire que la prévision c’est avéré plutôt juste (exemples: l’habit ne fait pas le moine c’est presque transformé en l’habit fait le moine, il y a des personne dont le métier et de posséder une bonne apparence sur les réseaux sociaux…).

Dans la société du spectacle Guy Debord affirme que nous sommes ce que nous possédons.  Dans cette optique, l’apparence devient fondamentale. Si le visage est un bien, notre possession, il doit apparaître le plus « clean » possible; il doit  inspirer la confiance. Pour ce faire, nous devons donc le maîtriser, le modifier et lui donner l’apparence que l’on souhaite comme on le ferait en changeant de vêtement. Le visage devient un vêtement, un effet de mode qui se modifie au gré des nouvelles tendances.

De nos jours certain sont prêts a payer pour changer de visage. Ils le font comme s’ils s’achetaient un manteau ou un accessoire de mode.

Pour Guy Debord nous sommes tous acteurs d’une pièce que l’on met en scène pour interagir avec les autres. En effet depuis peu certain métiers émergent sur ce principe Maintenant il y’a des » youtubeuses beautés » qui gagne leur vie en maquillant leur visage d’une manière esthétique et en montrant à leurs « followers » comment les imiter.

D’autres  sont des « influenceurs » : ils mettent en scène leur vie au service de publicitaires et affichent un sourire figé (et souvent stupide !) sur leur visage. Ici, le visage est clairement un outil de travail au même titre qu’un marteau, une scie ou une sourie.

Dans Nosedive(1), un épisode de Black Mirror (une série inspirée par la société du spectacle mettant en scène des dystopies dénonçant les travers de nos sociétés post industrielles). Cet épisode nous décrit un monde régit par un réseau social qui influence une bonne part de la société.  On voit comment les personnes se servent de leur corps et plus particulièrement de leur visage pour faire grimper leurs cotes.Cette critique de la société semble parfois un peu excessive, le spectateurs ne peut que s’apercevoir, avec un certain malaise, que cette dystopie n’est pas loin de notre réalité. En effet quand nous postons un selfie sur Instagram, n’est-ce pas le nombre de « like » qui importe ? N’est-ce pas notre narcissisme qui se trouve renforcé ? La conclusion de cette épisode sonne comme une mise en garde : le personnage principal  finit en prison, mis  au rebut comme un objet cassé, comme un déchet. La série nous démontre que le réseaux sociaux réduisent les individus à leur seule apparence physique, à leurs selfies, faisant de nous des objets.

Peut être qu’un jour, la chirurgie esthétique nous donnera la possibilité d’avoir le visage que l’on rêve d’avoir. On construira un visage à la carte comme on commanderait une maison à un architecte. Mais le risque, c’est que tous ses visages modifiés se ressemblent tous. Le visage qui fait notre singularité va peut-être devenir anonyme, identique à celui des autres ?

1-La société du spectacle Guy Debord publié le: 14 novembre 1967
2-Black mirror S3 E1: “Nosedive” Netflix dirigé par Joe Wright

LEGRAND Matthieu
Noirot Romain

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