Pythagore, un philosophe… stupéfiant !

Pythagore l’enchanteur

        

 

« A Epiménide, Aristéas, Hermotime, Abaris et Phérécyde a succédé Pythagore (…) qui ne voulut jamais renoncer à l’art de faiseurs de miracles. »

Apollonios Dyscole. Histoires Merveilleuses.

 

 

 

Pythagore philosophe et chaman.

 

 

Que connaît-on de Pythagore ? D’abord, son nom évoque un mauvais souvenir de l’école primaire ou du collège. Pythagore c’est l’inventeur d’un théorème de géométrie. Nous savons aussi qu’il fut un des premiers à utiliser le nom de philosophe à et à fonder une communauté.

Pythagore permit à la pensée humaine de sortir de l’enfance, des mythes et des histoires fabuleuses en inaugurant l’usage d’une rationalité théorique, morale et politique en mettant au principe des choses les nombres et les harmonies. Il incarna une forme de sagesse  s’appliquant à modérer les passions tristes, à éteindre la cupidité, à cultiver une vie commune avec ses disciples fondée sur la justice et l’amitié de tous pour tous.

En revanche, on oublie que Pythagore fut aussi un sorte de chaman ou de sorcier. Pythagore revendiquait cette ascendance chamanique et disait volontiers qu’il avait été incarné quelques générations auparavant en un certain Hermotime de Clazomènes. En outre, Pythagore fraya avec de célèbres chamans. Il rencontra Abaris le Scythe, serviteur d’Apollon Hyperboréen et lui apprit, dit-on à lire l’avenir dans les nombres plutôt que dans les entrailles des animaux; il fut l’élève du célèbre Epiménide de Crête qui connaissait le pouvoir des plantes sur le bout des doigts et qui passa cinquante sept ans à dormir dans une grotte.

Ainsi, Pythagore n’était pas seulement géomètre mais il avait des pouvoirs étonnants comme le don de communiquer avec les morts; il pouvait détacher son âme de son corps et voyager parmi les sphères célestes ; il avait le don de l’ubiquité. Il avait des extases et contemplait alors les « choses divines », écoutait la musique du cosmos, et découvrait les vertus universelles des nombres.

 

Enfin, Pythagore savait l’art d’envoûter l’esprit des hommes et des animaux qui succombaient à la puissance narcotique de son verbe et à son énigmatique présence. C’était un guérisseur dont le chant, les incantations, les drogues pouvaient tour à tour endormir ou réveiller, apaiser ou stimuler, purifier ou empoisonner. De cette ascendance chamanique, la philosophie conservera longtemps cette grâce mystérieuse et envoûtante.

 

 

Généalogie

 Pythagore croyait à l’immortalité et à la transmigration des âmes.  Avant de devenir Pythagore, il endossa d’autres identités, vécut d’autres vies. Avant de venir au monde, l’âme de Pythagore s’incarna successivement dans le corps du fils d’un dieu puissant, dans celui d’un guerrier reconnu pour son courage et sa valeur, puis d’un chaman aux pouvoirs prodigieux et celui d’un modeste pêcheur.

Il fut Aethalide, fils d’Hermès. A cette occasion, Hermès lui demanda ce qu’il voulait excepté l’immortalité. Pythagore rétorqua qu’il désirait se souvenir de tout ce qui lui arrivait. Luttant contre l’oubli et la mort, le philosophe-chaman n’oubliera plus ce qui a été.

Puis, l’âme du philosophe s’incarna en Euphorbe et combattit aux côtés des Achéens lors du fameux siège de Troie comme le rapporte des vers de l’Iliade.

Il devint ensuite Hermotime de Clazomènes, chaman au service d’Apollon. Surtout, son âme pouvait quitter son corps, voler et voyager. L’âme du chaman est nomade, sans attache. Hermotime, devançant Anaxagore, conçut l’idée que l’Esprit est cause de toutes choses et que l’Intelligence (nous) était le principe de l’ordre et l’arrangement des choses dans le cosmos inventant le dualisme si cher à la pensée occidentale.

Enfin, il eut une existence plus modeste, celle d’un pêcheur nommé Pyrrhos de Délos.

 

 

« Le jeune homme aux cheveux longs de Samos »

Vers 600 ou 590 av. J.C., Pythagore naquit à Samos. Ses parents s’appelaient Mnémarchos et Pythaïs, mais un poète de Samos racontait qu’il était en réalité fils d’Apollon. L’oracle apprit à Mnémarchos que sa femme était enceinte et qu’elle allait mettre au monde un enfant qui l’emporterait en beauté et en sagesse sur tous les autres hommes. Ils appelèrent leur fils Pythagore en hommage à la Pythie, devineresse et servante du dieu Apollon.

En grandissant, il se signala par ses qualités physiques et morales. Il devint bel homme, aussi beau qu’un dieu. Pythagore participa à dix-sept ans à la 57ème Olympiade où il s’illustra au pugilat. Il attirait l’attention de tout le monde à cause de sa piété, de la maîtrise de son corps, l’équilibre et le calme de son âme, ne se laissant jamais aller aux passions néfastes comme le chagrin, la colère, le rire, l’envie, le souci. A Samos où il vécut ses premières anées, il passa pour un démon, mi-homme mi-dieu.

Vers dix-huit ans, il quitta sa ville natale pour suivre les enseignements de sages, de chamans, de mages et de prêtres. Il fut ainsi successivement initié à la sagesse incantatoire d’un autre chaman : Phérécyde de Syros. Comme la plupart des chamans, il dispensait son enseignement dans une grotte et on raconte qu’il fit de grands prodiges. Il pouvait prédire l’avenir : croisant un jour un bateau voguant à pleines voiles, il annonça son naufrage. A peine ces paroles prononcées, l’esquif sombra. Il prédit aussi un tremblement de terre en goûtant l’eau d’un puits C’est Phérécyde de Syros qui apprit à Pythagore que l’âme était immortelle, autonome et qu’elle se réincarnait.

Pythagore voyagea en Syrie et écouta les leçons du prophète Môkhos. Il fréquenta les hiérophantes.

Puis il alla visiter Thalès à Millet, Anaximandre le physicien. Tous l’aimaient et l’admiraient. Sur les conseils de Thalès, il partit en Egypte pour rencontrer les prêtres de Memphis et de Diospolis. Pendant plusieurs années, il fut initié par des prêtres à la géométrie, à l’astronomie, ainsi qu’aux mystères de Diospolis.

 

 

Le sommeil d’Epiménide

 

Pythagore prit le bateau pour la Crête et rencontra un autre chaman : Epiménide le Crétois. De ce chaman on raconte qu’un jour son père lui demanda d’aller retrouver une brebis égarée. Après une longue marche, Epiménide s’endormit dans une grotte. Son sommeil dura cinquante sept ans. La grotte est le lieu de l’initiation du chaman. Tout en dormant, il acquiert, dans l’obscurité humide de la caverne, la connaissance de la nature et du corps humain, la capacité de divination, l’art de séparer son âme de son corps et de voyager. Au bout de ce très long sommeil, Epiménide se réveilla et retrouva son frère cadet, devenu un vieillard qui lui apprit ce qui s’était passé.

On le crut alors aimé des Dieux et savant dans les « choses divines ». Il sauva les Athéniens qui subissaient une terrible peste et purifia la ville en faisant sacrifier des brebis noires et blanches. Epiménide mourut chez lui à 157 ans ou 229 ans. Il dut son exceptionnelle longévité à sa connaissance des plantes et à son alimentation végétarienne : des végétaux conservés dans le sabot d’un bœuf. Il mangeait très peu et ne déféquait pas.

La sagesse d’Epiménide s’exerçait comme extase divinatoire et comme interprétation de la parole du dieu Apollon. Sur certaines images, on le voit entrain de jardiner. Les vertus psychotropes et divinatoires des plantes lui étaient-elles familières ? Ces plantes lui procuraient-elles l’extase et la vision ? Pythagore apprit-il du chaman Epiménide l’art d’utiliser des plantes pour développer ses ravissements et ses illuminations ?

 

 

Un sage stupéfiant

 

Pythagore ne s’est pas seulement initié aux prodiges et aux extases divinatoires des chamans, à leur connaissance des plantes et de la nature. La beauté physique et les vertus de Pythagore agissaient comme une drogue sur l’esprit et les sentiments de ceux qui le côtoyaient, comme un véritable modificateur de conscience.

Une épisode illustre cet effet hypnotique de la personne de Pythagore. Afin de rejoindre les côtes égyptiennes, il embarqua sur un bateau. L’équipage égyptien, peu scrupuleux, voulant tirer partie de sa beauté, projeta de le vendre sur un marché d’esclaves. Mais au cours de la traversée, Pythagore resta assis pendant deux jours et trois nuits sans bouger, ni manger, ni dormir. et se comporta avec tant de tempérance, de calme que les membres d’équipage, ensorcelés par sa sérénité charismatique, abandonnèrent leur projet. Les marins, cupides et menteurs, oublièrent comme par enchantement leur néfaste projet et devinrent doux comme des agneaux. Arrivés à bon port, les marins débarquèrent Pythagore en le portant à bout de bras, comme une relique et le déposèrent sur le sable avec un pieux respect. Ils dressèrent un autel en hommage à leur compagnon. La traversée se passa très bien. Les éléments eux-mêmes paraissent ravis par l’imperturbable philosophe.

Pythagore n’avait pas seulement le pouvoir de fasciner les hommes qu’ils rencontraient mais aussi celui de subjuguer les animaux sauvages.       Il parvint ainsi à soumettre l’ourse de Daunia qui maltraitaient la population indigène. Pythagore s’approcha de l’animal, se mit à le caresser, lui donna quelque nourriture puis le relâcha lui faisant promettre de ne plus porter la patte sur un être animé. L’ourse oublia sa colère et partit dans une montagne où elle ne s’attaqua plus jamais à aucun être vivant.

Pythagore croisa un bœuf à Tarente qui s’approchait de fèves. Il alla à sa rencontre et chuchota un long moment à l’oreille du bœuf. On raconte que l’animal évita par la suite de manger des fèves. Ce bœuf devint sacré et vécut la suite de son existence vénérée par les hommes qui lui apportaient nourritures et offrandes.

Plus étonnant encore, alors qu’il se trouvait à Olympie à dialoguer avec quelques disciples sur d’obscurs symboles et des signes envoyés par les dieux aux hommes, un aigle volait au-dessus de leur tête. Pythagore fit descendre l’aigle et le caressa. Puis l’oiseau reprit son envol.

Comme Orphée, Pythagore avait ce pouvoir hypnotique d’envoûter et de retenir les animaux par la vertu de sa voix.

 

 

L’éducation pythagoricienne

Banni par le tyran Polycrate de sa ville natale. Sa philosophie avait fait beaucoup de progrès dans toute la Grèce. Mais importuné par ses devoirs de citoyens, et considérant que les philosophes sont des nomades qui passent leurs vies en terre étrangères, il quitta Samos pour Crotone dans le golfe de Tarente en Italie. Il fit sa première conférence et parvint à subjuguer, par le prestige de sa parole, des centaines de personnes. Toujours le même effet hypnotique de ses discours sur les esprits qui s’oublient littéralement eux-mêmes en écoutant le sage.

Pythagore est alors comparée à Apollon, ou un démon venu de la lune, ou un dieu de l’Olympe pour faire don aux faibles mortels de la philosophie et du bonheur.

Très vite la réputation de Pythagore fait le tour des cités et des pays qu’ils traversent. Il est écouté, admiré, aimé. Les foules crédules boivent ses paroles comme des oracles ou comme des philtres hypnotiques.

Pour asseoir son influence et étendre sa doctrine, il fonde une communauté destinée à instruire les prétendants à la sagesse pythagorique. Les impétrants subissaient d’abord une rude sélection destinée à évaluer leur force de caractère et leur prédispositions intellectuelles et morales. L’examen consistait à observer un certains nombres de traits de leur personnalité : quelles relations le futur disciple entretenait-il avec ses parents ? Comment résistait-il à la colère, au rire, aux honneurs ? Quelles étaient ses occupations ? Ses désirs ? Ses amis ? Etait-il capable de se concentrer et d’écouter les leçons ?

Pythagore, adepte de la physiognomonie, attachait une grande importance à l’aspect physique des disciples. Le corps était le symbole vivant et révélateur de l’âme. L’extérieur porte les signes de l’intériorité. Le sage interprètait les postures du corps comme un langage involontaire et sincère de la pensée et de la personnalité.

Ensuite le maître imposait aux futurs disciples une très longue période probatoire de huit années. Pendant trois ans, le disciple était ignoré. Pythagore jugeait alors la persévérance et le désir de savoir des jeunes élèves. Après ses trois années, ils fallait encore cinq ans de silence. Il donnait ces leçons caché derrière un rideau. Les disciples pouvaient seulement écouter la voix du maître sans le voir. Cette séparation était destinée à accentuer les difficultés de la sélection et juger de la fermeté de leur caractère et de leur tempérance. Durant ces années de sélection et d’apprentissage, les biens de chaque disciple étaient mis en commun. Tous ceux qui ne parvenaient pas à tenir leur langue ou à se tenir ferme face aux interdits et obligations de la secte, étaient renvoyés chez eux.

Cette longue préparation était destinée à purifier l’âme du prétendant et la préparer à recevoir le savoir pythagorique. Avant d’être philosophe, il convenait d’éliminer la cupidité et la colère, passions qui poussent comme les mauvaises herbes et étouffent progressivement l’âme, qui dérangent l’harmonie fragile des parties de l’âme et d’imiter le parfait arrangement des astres.

Cette purification constituait la première modification dans l’esprit du prétendant à la philosophie : « nettoyer l’impureté », «élaguer par le fer et le feu », éliminer les passions destructrices et permettre à la partie intellectuelle de l’âme d’être à la lumière. L’ascèse agissait comme un remède purgatif –éliminer le superflu- et stimulant – réveiller l’esprit.

Au bout de cette période probatoire, les disciples étaient séparés suivant leurs prédispositions morales et intellectuelles entre les « acousmatiques » et les « mathématiciens ». Les premiers étaient des « politiques » destinés à administrer les affaires courantes de la communauté pythagoricienne. La philosophie qui leur était enseignée consistait dans des maximes dont on ne leur donnait pas de démonstration ou de justification. Il était inutile qu’ils sachent penser par eux-mêmes et qu’ils comprissent la raison des choses.

Quant aux « mathématiciens » ou « ésotériques », ils étaient autorisés à écouter les leçons du maître derrière le rideau. Voir le maître correspondait à une véritable révélation, une illumination.

 

Diététique pythagoricienne

  L’alimentation jouait un rôle de premier ordre dans constituait l’éducation et une partie essentielle de la médecine. Selon Pythagore, les aliments agissaient sur notre tempérament et notre intelligence. La diététique visait à établir des proportions harmoniques entre boissons, aliments et repos. La préparation des aliments était aussi très codifiée et ne pouvait être laissée au hasard. Il convenait de connaître l’action de chaque aliment ou de chaque boisson sur notre tempérament et de savoir quelles proportions, quelles mélanges, quelles quantités sont les plus adéquats pour notre nature individuelle et les plus susceptibles de causer un bon arrangement des parties de l’âme.

Certains aliments étaient déconseillées : ceux qui causent flatulences ou dérangements, qui sont étrangers au dieux , les aliments qui éloignent de la chasteté, de la pureté de l’âme, de la modération.

D’autre part la tradition pythagorisme prônait le végétarisme et le justifiait par le précepte suivant :  l’amitié de tous pour tous instituait une communauté universelle des êtres vivants entre eux et un pieux respect des espèces animales.

Enfin interdiction de manger le cœur, la cervelle car ce sont des organes de direction siège de la pensée et de la vie, de manger de la mauve, du rouget, des fèves.

 

Une fois acceptée dans la communauté, le disciple devait garder le secret sur les enseignements reçus. Comme les initiés aux mystères d’Eleusis, il devait taire le message du maître. La connaissance était réservée aux élus.

Chaque matin, les disciples se promenaient solitaires et en silence dans les jardins calmes de la communauté ou parmi les bois sacrés. Cette marche avait pour but d’apaiser l’âme du disciple, la rendre tranquille et disponible aux leçons et exercices de la journée. Puis il se rencontraient les uns les autres dans des temples et ils se consacraient à l’enseignement et aux sciences. Une fois l’esprit apaisé et contenté, il se livraient aux soins du corps. S’enduisant d’huile, ils se livraient à la course, aux lancers de poids, à la boxe, à la lutte dans les jardins. Puis ils déjeunaient : du pain, de l’eau, du miel. Pas de vin. Dans l’après-midi, ils réglaient les problèmes d’organisation et d’administration de la communauté. Le soir, de nouveau une promenade, à deux ou trois cette fois se racontant ce qu’ils avaient appris dans la journée. Le repas étaient pris en commun après des libations et des sacrifices d’herbes aromatiques. Le soir ils buvaient du vin, mangeaient des galettes ou du pain, des légumes cuits ou crus.

 

 

L’éducation musicale 

 Pythagore pensait qu’il fallait commencer par éduquer les hommes par la sensation :  voir des belles formes ou de belles couleurs, écouter de délicates mélodies et des rythmes charmants. Surtout, il savait utiliser la musique comme un remède ou une drogue. Elle jouait le rôle d’une thérapeutique pour guérir les maladies du corps et de l’âme. Grâce à des mélodies et des rythmes appropriés, il ramenait l’harmonie entre les différentes parties de l’âme des disciples faisant disparaître la colère, la tristesse, l’envie ou la jalousie.

La musique jouait un rôle essentiel dans l’ordre général de la communauté. La musique contribue à la santé quant on sait l’utiliser au bon moment. Ainsi au printemps, ils faisaient asseoir ses disciples en cercle et ils chantaient des péans accompagnés de la lyre, instrument d’Apollon qui causaient chez ceux qui écoutaient et chantaient un sentiment de bien-être et produisaient l’harmonie et le rythme.

D’autres chants étaient capables d’agir sur les passions de l’âme : la colère, les débordements de l’âme, le désespoir, les désirs. La musique adéquate permet de passer profitablement les passions de l’âme en leurs contraires.

Le soir Pythagore veillait à ce que ses compagnons se préparent au sommeil avec quelques arrangements musicaux susceptibles d’évacuer les soucis de la journée. Une musique narcotique en quelque sorte aux effets apaisants. Les accords et les rythmes idoines causaient un sommeil paisible et faisaient faire de beaux rêves ou des songes divinatoires. Comme Morphée qui vient visiter la dormeur pendant son sommeil pour lui révéler un secret ou une vérité, les accords et les rythmes appropriés sont capables de faire découvrir à l’âme endormie des vérités cachées en elles ou dans ses vies antérieures.

De même, lorsque les disciples se levaient le matin, Pythagore connaissait les arrangements ou les chants susceptibles de les faire sortir les disciples de leur torpeur matinale, de le stimuler.

Pour la communauté pythagoricienne, la musique est à la fois une drogue qui apaise les douleurs, calme les soucis, dompte les tumultes, assoupit les esprits et un poison qui stimule l’activité physique et intellectuelle, qui sort les esprits de leurs sommeil.

Parfois, les vers d’Homère et d’Hésiode était utilisés pour purifier l’âme, la débarrasser des maladies que sont les passions qui éloignent de l’harmonie.

La musique est utilisée comme une incantation purificatrice. Quelle est la nature de cette incantation ? Sa nature est sensible, physique parce qu’il s’agit bien pas les vibrations et les rythmes musicaux d’obtenir un effet physique, un changement dans l’état interne du disciple : redresser le mode de vie, purifier l’âme des disciples.

 

Musique céleste

 Mais il est une autre musique. Non plus humaine mais cosmique. La course astres dans le ciel produit des sons ou des notes de musique que très peu d’oreilles sont capables d’entendre. Nous n’entendons plus cette musique car nous vivons dans un monde bruyant. La pollution sonore comme la pollution lumineuse nous empêche de tendre l’oreille vers cette musique des sphères.

Selon la tradition pythagoricienne, chaque nouveau-né entend et se délecte de ces accords parfaits composés par les mouvements harmonieux des sphères célestes. C’est ce qui explique cette impression de béatitude qui s’empare des nouveau-nés et fait rayonner leurs visages, divaguer leurs regards. A force de l’entendre, nos oreilles adultes deviennent sourdes à ces harmonies cosmiques et parfaites. Nous n’entendons plus le chant des planètes. Elle est devenue comme un bruit de fond que nous ignorons.

Pythagore savait user des plaisirs enchanteurs de la musique. Il était le seul capable d’écouter et de se délecter des accords musicaux des astres célestes qui se meuvent dans le ciel.

Cette harmonie cosmique est plus pleine, plus parfaite que nos harmonies. Celles-ci ne sont au final qu’une pâle imitation de celles-là. Les astres se meuvent selon des vitesses différentes en suivant des trajectoires particulières. Mais ces mouvements sont rangées dans des proportions mathématiques et musicales.

En écoutant cette musique du cosmos, Pythagore mettait les parties de son âme à l’unisson et la rendait plus harmonieuse, plus belle et plus heureuse. Cette musique le rendait fort, serein, imperturbable. Ensuite, il cherchait à donner une image ou une imitation par l’intermédiaire d’instruments de musique ou de chants de cette harmonie céleste.

Il est celui qui capable d’imiter le mouvement parfait des astres, de conformer sa vie, son âme, ses passions ses pensées sur la musique et le rythme du cosmos.

Pythagore entendait réveiller, stimuler la part divine, lumineuse, harmonieuse et belle que nous portons tous en nous mais qui est assoupi par le bruit, les divertissements, les passions tristes  Lorsque les parties d’âme sont arrangées, mis au diapason près avoir goûté les délices de la musique pythagoricienne ou de l’harmonie des astres, le philosophe parvient à incarner les vertus morales et théoriques pour réaliser en partie l’idéal de sagesse. Elle consiste dans cette imitation de l’harmonie cosmique. Pour être heureux notre vie doit adopter les rythmes et la musicalité de l’ordre des planètes. Beau programme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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