J’ai toujours raison…

Raison : cette notion fait référence étymologiquement à « ratio » qui veut dire « calcul », « compte ». Nous allons souligner le fait que la raison peut se définir de deux manières différentes.

1/Le rationnel. D’une part, la raison est une faculté de connaissance, une capacité théorique qui nous permet d’établir des vérités. Elle peut se déployer de trois manières différentes :

  • La démonstration qui est utilisée dans la logique, et dans les mathématiques : ex : si A=B et si B=C alors A=C (le syllogisme). Ici, la vérité de la conclusion dépend de la cohérence de ma démonstration. On pourrait aussi ici parler du syllogisme. En mathématiques, une vérité démontrée s’appelle un théorème: « la somme des angles d’un triangle est toujours égale à 180° ». Le propre du théorème c’est d’être une vérité universelle, valable en tout temps et en tout lieu.

 

  • Le raisonnement expérimental ou hypothético-déductif. Ce type de raisonnement est utilisé dans les sciences expérimentales : sciences physiques, biologiques, médicales et aussi dans les sciences humaines. Référence : expérience de Milgram qui a voulu établir que les hommes pouvaient devenir des criminels simplement par soumission à une autorité et non par haine ou idéologie. Un exemple : l’histoire d’Ignace Semmelweis, médecin autrichien chef du service d’obstétrique à l’hôpital général de Vienne de 1844 à 1848 (cf. manuel p. 324-325). Ce type de raisonnement se déploie en trois moments distincts : problème (énigme, scène de crime, contradiction…), hypothèses, observations/ expérimentations. Ensuite cette expérience peut être soit confirmée soit infirmée.

 

  • L’interprétation :

A/ interpréter c’est établir des effets observables/mesurables et remonter à des causes cachées. Premier exemple : le médecin interprète des symptômes (effets visibles et mesurables) et cherchent ensuite à remonter à des causes cachées.

Par exemple en psychanalyse, l’interprétation des rêves. Selon Freud nos rêves sont toujours la satisfaction de désirs insatisfaits. Nos rêves ont ainsi un contenu manifeste (c’est l’histoire que l’on peut raconter de son rêve) et le contenu latent c’est-à-dire le contenu caché de notre rêve. L’interprétation permet de passer du contenu manifeste au contenu latent. Pour Freud, l’interprétation des rêves est la « voie royale » vers notre inconscient.

B/ On retrouve l’interprétation dans le travail de l’historien. Un fait historique peut-il être objectif ? Ou au contraire est-il toujours tributaire de la subjectivité/interprétation de celui qui le traite ? Peut-on interpréter un même fait historique de plusieurs manières différentes voire opposées ?

L’histoire de la Shoah commence à émerger au début des années 1960 avec le procès à Jérusalem d’Eichmann. Mais à partir de 1979, Faurisson est un historien qui va nier l’existence des chambres à gaz. On appelle cette interprétation de l’histoire le négationnisme.

La conclusion : la multiplicité des interprétations conduit au relativisme ce qui veut dire que toutes les interprétations se valent et au final que plus personne n’a raison ou tort.

Deuxième exemple : la colonisation…

 

2/ Le raisonnable : cela fait référence à la raison pratique et à l’action, aux valeurs morales de bien et de mal, de juste et d’injuste.

A/Ainsi avant d’agir, je vais délibérer, c’est-à-dire peser le pour et le contre. Je vais opérer un calcul en faisant la somme des avantages et en en retirant la somme des inconvénients. On parle alors de calcul « utilitariste » ce qui veut dire que je cherche à maximiser les effets positifs pour moi.

B/ Mais il y a aussi le raisonnement déontologique. Je vais agir sans tenir compte des avantages et des inconvénients que peut me  procurer une action mais je vais suivre un ou des principes moraux que je juge essentiels. Par exemple : dire la vérité ou rester fidèle, tenir ses promesses…

 

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