De la tranquillité de l’âme. Sénèque. Fiche de lecture.

FICHE DE LECTURE

De la tranquillité de l’âme

Sénèque

Prologue

 

I. Sérénus expose son cas à Sénèque

Sérénus n’est pas satisfait de son existence. Il a le sentiment de ne pas réussir sa vie. Il voit des « défauts… qui ne sont pas continuels mais reviennent par intervalles » qui sont selon lui les plus génants, des « ennemis insaisissables qui vous assaillent par occasion. » Il dit encore s’adressant à Sénèque comme à un médecin, « je ne suis ni malade ni bien portant ».

La philosophie stoïcienne se comprend comme une médecine de l’âme destinée à nous libérer de nos fausses idées, de nos préjugés. Elle vise aussi à permettre au sage de garder le contrôle de ces émotions : peur, colère, tristesse… Elle est un dialogue qui doit permettre de diagnostiquer le mal ( « je vais te dire les symptômes et tu trouveras un nom à la maladie ».) et de proposer ensuite une thérapie.

D’autre part, la philosophie stoïcienne n’est pas seulement une entreprise théorique, mais aussi et surtout une pratique, un art de vivre qui vise la vie vertueuse.

Sérénus est malheureux parce qu’il se sent dans un « entre-deux ».  Pour prendre une image, Sérénus est comme entre-deux eaux : il ne peut ni sortir la tête hors de l’eau, ni toucher le fond pour remonter.

L’habitude a renforcé cette disposition et Sérénus se considère comme inguérissable. Il se plaint de la faiblesse de sa volonté. il est incapable d’abandonner ces anciennes mauvaises habitudes, et incapables aussi d’en adopter de meilleures ou de plus vertueuses. « Cette faiblesse d’une volonté bonne en son principe me suit partout ».

Cet état correspond aussi à un « flottement de l’âme » autrement dit l’état de quelqu’un qui est incapable de se déterminer pour un parti ou pour un autre. Pour prendre une image, c’est un peu comme le dormeur qui n’arrive pas à trouver le sommeil et qui ne cesse de se retourner ne parvenant pas à trouver une position confortable.

Sénèque a-t-il un remède pour arrêter ce flottement de l’âme ? Les principes de la philosophie stoïcienne pourront-ils l’aider ?

 

II. Réponse de Sénèque

Sénèque compare l’état de Sérénus à celui d’un malade en rémission mais qui s’attend chaque jour à une récidive.

Sénèque lui conseille d’emblée de retrouver la confiance en lui qui est une des conditions de la tranquillité de l’âme : « avoir confiance en toi, croire que tu es dans la bonne voie. »

Le but ultime pour Sénèque, le souverain bien, c’est de parvenir à cette quiétude de l’âme. Pour prendre une image, l’esprit du sage stoïcien doit être comme une mer étale, lisse, sans vagues. En grec on appelle cet état euthymia, ce qui veut dire être inébranlable, ne se laisser troubler par rien.

Mais comment parvenir à cette tranquillité de l’âme ?

Description et symptomatologie des variétés du mal

Ce flottement de l’âme se manifeste par de nombreux symptômes : l’inconstance (vouloir toujours autre chose), l’insatisfaction, l’ennui, la tristesse, le remords, « les mille fluctuations d’une âme incertaine »…

« C’est l’hésitation d’une vie qui n’arrive pas à se déployer, la situation d’une âme qui se traîne entre des désirs toujours abandonnés. »

Ces individus aiment le divertissement c’est-à-dire chercher un remède dans le changement : « toute occasion de sortir de soi, de s’échapper à soi-même lui est agréable… »

Mais il s’ensuit toujours le découragement et le dégoût qui peuvent conduire au suicide.

III. Remède proposé par Athénodore

Selon cet ancien philosophe Stoïcien, il faudrait alterner deux modes de vie :

  1. se lancer corps et âme dans les activités publiques, dans la conduite de l’Etat : en se rendant utile aux autres, on se perfectionne soi-même.
  2. mais savoir aussi se replier sur la sphère privée où l’âme peut trouver à se déployer, à s’épanouir.

 

IV. V. VI. Opinion personnelle de Sénèque

D’abord, il est préférable d’être un « citoyen du monde« . Les Stoïciens sont cosmopolites : « nous déclarons que notre patrie est le monde ». Il préconise une attitude d’ouverture sur de nouveaux horizons.

En outre, il est des cas où il est préférable de restreindre son activité.

 

VII. Rien de meilleur qu’une amitié bien choisie

« Nous les choisirons exempts de passions : car les vices rampent de proche en proche; ils se passent au voisin, et leur contact est nuisible. »

Mais ils sont difficiles à trouver…

« Ne manquons pourtant pas d’éviter les gens tristes, qui pleurent sur tout et qui trouvent partout des sujets de plainte… »

 

VIII. IX. Attitude à adopter face à la richesse

C’est la plus grande source de tourments.

On souffre moins de ne pas être riche que de perdre sa richesse. Exemple du philosophe Cynique Diogène qui entendait ne posséder que le strict minimum. Il voulait que rien ne puisse lui être enlevé. Il vaut mieux être un homme qui n’a rien à perdre. La fuite de l’esclave de Diogène. Eloge d’une vie frugale.

« La meilleure mesure de la richesse, c’est, sans tomber dans la pauvreté, de ne pas s’en éloigner de beaucoup. »

Il faut mépriser le luxe. Il faut préférer l’économie.

Inutile d’acheter des foules de livres. Dangers de la « débauche culturelle ». Il vaut mieux confier son esprit à un petit nombre d’auteurs.

X. Attitudes à observer dans les situations difficiles

D’abord face à un coup dur, l’habitude facilite les choses. Elle adoucit nos malheurs.

« Dans quelque circonstance que ce soit, tu trouveras des divertissements, des moments de relâche, des plaisirs, si tu as décidé de considérer tes malheurs comme légers, et non pas comme insupportables. »

Il ne faut pas désirer l’impossible.

 

XI. Le sage est indifférent aux circonstances extérieures

 

Le sage est indifférent aux biens, aux dignités et à tout ce qui peut arriver à son corps.

« Il vit comme si on lui avait prêté sa propre existence et comme s’il devait  rendre ce prêt sans mécontentement dès qu’on lui redemandera. »

« Il vivra mal celui qui ne saura pas mourir. »

Ce que je vois arriver à autrui va aussi m’atteindre un jour.

« Tout mal qui fond sur autrui peut aussi fondre sur toi. »

XII. Il faut se garder de l’agitation stérile

 

« Ne pas travailler à des choses inutiles ni d’une façon inutile. »

« Tant qu’un devoir impératif ne nous appelle pas, il faut savoir nous abstenir d’agir. »

XIV. Il faut savoir accepter le sort qui nous est fait

 

« Nous devons aussi être assez souples, pour n’avoir pas trop égard à nos résolutions. Laissons-nous aller où le hasard nous conduit ; ne craignons pas de changer nos projets ou notre attitude… »

« L’impossibilité de changer comme celle de rien supporter sont l’une et l’autre les ennemis de notre tranquillité. »

L’exemple de Canus condamné au supplice par Caligula. Son calme au milieu de la tempête.

XV. XVI. Il ne faut pas s’attarder aux pensées déprimantes

 

« Il faut toujours prendre les choses à la légère et les supporter avec bonne humeur. »

Il vaut mieux rire de nos infortunes qu’en pleurer.

 

XVII. Il ne faut point masquer son vrai visage

 

Le fardeau d’une vie que l’on passe à être hypocrite.

« En comparaison, quel charme a la sincérité toute simple, sans autre parure qu’elle-même, qui ne cache pas notre caractère. »

 

Il faut alterner « temps forts » et « temps faibles »

 

« Solitude et société doivent se composer et se succéder. »

« Il ne faut maintenir l’esprit dans une tension continuelle ; il faut qu’il condescende à se divertir… »

Il faut se détendre en jouant, en buvant ou en dansant et en faisant la fête.

Ces moments de détente nous permettent de reprendre nos forces.

« Il faut aussi faire des promenades à la campagne pour que l’âme se retrempe et s’élève dans l’espace libre et au grand air. »

Les banquets et l’ivresse : « on peut même aller quelquefois jusqu’à l’ivresse, non pour s’y noyer, mais pour s’y plonger ; elle dissipe en effet nos soucis, et elle ébranle l’âme jusqu’au fond… »

Il faut garder de la mesure dans l’ivresse.

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