La politique

LA POLITIQUE

Introduction générale

Nous entendons par « politique » un type d’activité par lequel les hommes s’emploient à administrer ce que les anciens Grecs appelaient une « Cité » (polis) et que nous appelons aujourd’hui une « société ». Distinction sociétés animales et sociétés humaines : le principal critère qui permet de les distinguer c’est que les premières sont statiques (autrement dit elles reproduisent de génération en générations le même type d’organisation sociale) alors que les secondes sont dynamiques (elles évoluent historiquement soit dans le sens d’un progrès soit d’une décadence).

Autrement dit la politique correspond à l’ensemble des activités à travers lesquelles les sociétés humaines se trouvent gouvernées de manière à permettre aux individus et aux groupes qui les composent de coexister de la meilleure façon possible.

Ce gouvernement des sociétés humaines requiert à la fois des institutions politiques et des lois :

  • Les institutions politiques (par exemple, la Présidence de la République, l’Assemblée Nationale…) correspondent aux différents pouvoirs chargés d’administrer la cité ;
  • Les lois traduisent sur le plan juridique les choix que ces pouvoirs font, selon des règles fixées en général par une constitution, d’orienter dans telle ou telle direction le développement de la cité, de façon à produire des résultats conformes aux objectifs de ces pouvoirs.

Il faut distinguer la philosophie politique de la science politique telle qu’elle apparaît avec le 19ème siècle (Tocqueville, Marx…) :

  • Pour la première dès sa naissance (Platon dans la République par exemple), les philosophes se sont attachés à la question de savoir ce que pourrait être, pour administrer les sociétés humaines, le meilleur régime politique possible. Ils vont ainsi spéculer (voir Platon) sur la cité idéale et se demander ce que pourraient être les modalités de gouvernement. En ce sens, la démarche philosophique se comprenait comme démarche normative. Elle a cherché à cerner un idéal susceptible de constituer une sorte d’étalon, un modèle d’après lequel nous pourrions élaborer, analyser ou juger et orienter les politiques réelles.
  • Pour la science politique, il faut abandonner l’approche normative de la philosophie politique pour élaborer une démarche descriptive. Il s’agit pour elle de décrire le fonctionnement effectif des sociétés humaines.

Malgré une éclipse de la philosophie politique jusque dans les années 1970, l’œuvre de John Rawls, Théorie de la justice (1971) va réactiver une démarche normative sur le meilleur régime politique possible : que devons-nous faire de notre société et quelles relations doit-elle entretenir avec les autres sociétés ? Comment ménager entre les membres de ces sociétés et entre ces sociétés elles-mêmes les meilleures conditions possibles de coexistence ?

Nous allons étudier les relations entre Etat et société : entre la résorption de la société dans l’Etat, ou au contraire de l’Etat dans la société, nous verrons ce qu’il en serait d’une politique qui  prendrait pour principe la perspective d’une limitation réciproque de la société et de l’Etat. Cette dernière perspective correspond au « libéralisme politique » : faire coexister ensemble les libertés individuelles afin d’assurer la cohésion de la société mais de façon telle que le pouvoir de cet Etat devrait être limité précisément afin de laisser son indépendance à la société.

Problème : Cependant ce modèle démocratico-libéral constitue-t-il l’horizon indépassable de notre temps ? le meilleur régime politique possible ?